Livre paru en juin 2021 et couronné en 2022 du prix Goncourt du premier roman.
La curiosité me titille, le thème de ces 150 pages m'interpelle.
Je le lis en moins de deux heures.
Et le temps compte beaucoup dans ce superbe écrit aéré et aérien.
L'écriture est délicate, poétique et raffinée.
J'aime la petite histoire dans le bouleversement des vies humaines, les parcours éphémères.
C'est l'histoire d'un homme qui a bien existé, il s'appelait Franz Reichelt, né
en Bohème , il s'installe à Paris au début du 20°siècle.
Tailleur pour dames il a un projet fou, inventer un parachute pour les aviateurs en ce début de l'ère de l'aviation.
Ce jeune inventeur en ce matin froid du 4 février 1912 veut prouver l'efficacité de son appareillage encombrant, des tissus, des lanières ...
prototype du parachute.
Il s'élance du premier étage de la tour Eiffel, 57 mètres.
Sa chute dure quelques secondes, il s'écrase.
Si parmi les premiers aviateurs qui s'envolent dans le ciel et retombent en ce début de siècle d'aventuriers et de casse coup, on a retenu F.Reichelt, c'est que sa mort a été filmée en direct à l'époque.
Encore aujourd'hui sur You tube, en 1 minute et 36 secondes, vous pouvez assister au drame.
Un conseil, lisez le livre avant de visionner la vidéo.
E.Kern conçoit son livre comme un hommage d'abord pour son personnage principal dont l'histoire est connue et puis pour les visionnaires du ciel.
Il veut aussi supprimer cette image de F.R., celle d'un homme ridicule, déchu par une mort grotesque et absurde.
C'est pour lui avant tout une aventure humaine, fascinante.
L'occasion aussi d'évoquer la fragilité des plus démunis et le courage des
gens qui se taisent.
Le titre "envolés" est au pluriel, il comprend aussi les autres, nos proches, ceux que la vie nous a pris, ils appartiennent au vide et au manque.