Ce roman poignant est constitué de deux parties très distinctes et distantes de trente ans. La première se situe en 1986, on y suit une bande de copains dans l’Ecosse meurtrie par des années de thatchérisme. Ils ne vivent que pour la musique (et un peu l’alcool, il faut bien le dire) et leur objectif ultime est de se rendre par n’importe quel moyen à un festival de rock qui se tient à Manchester cet été-là. Pour les fans de post-punk des années 80, ces pages sont un régal. Les références sont multiples, la rencontre (fantasmée ?) de nos anti-héros avec les Smiths à la sortie d’un pub est inouie et ravira ceux qui ont vécu cette période. La seconde partie est beaucoup plus sombre et voit les deux principaux amis, Jimmy et Tully, se retrouver dans des circonstances tragiques et le narrateur va être confronté à un dilemme déchirant : son ami l’inébranlable Tully lui demande de tenir le genre de promesse que l’on aimerait ne jamais avoir à tenir. Ce roman ressemble fort au cinéma social britannique, où l’humour et l’exubérance cachent souvent une sensibilité et une humanité admirables.