J’ai eu envie de lire ce livre dès sa sortie. La couverture et le titre m’ont poussé à lire le résumé qui m’a confirmé mon envie. J'étais prête à l’acheter quand Babelio et Actes Sud ont lancé un jeu sur Instagram sur deux titres, celui-ci et “Je pleure encore la beauté du monde”. Et j’ai gagné ! Quelques problèmes postaux plus tard, les livres sont enfin arrivés à destination !
Nous sommes dans une dystopie, les océans montent et engloutissent les terres. L’île de Shearwater est perdue aux milieux de l’océan Austral, elle abrite la plus grande banque de graines au monde mais la submersion est proche. Des scientifiques sont venus trier et préparer les graines indispensables pour la survie humaine qui seront déménagées par bateau. Sur l’île il ne reste plus que le gardien, Dominic et ses trois enfants, Raff, Fen et Orly attendant le dernier bateau. Seuls jusqu’à l’arrivée d’une femme à moitié morte rejetée par une tempête.
Aussitôt j’ai été happée par le froid, le vent, l’humidité salée, les éléments déchaînés tout autant par les silences entre les membres de la famille, les étrangetés de tous et les événements passés que nous découvrons petit à petit.
Ambiance “Fin du monde” assurée pour moi, j’ai une imagination fertile quand je suis captivée par un texte, et j’ai posé le livre deux soirs pour cause d'angoisse et par crainte de le lire trop vite !
Les personnages sont difficiles à cerner mais petit à petit l’image s’éclaircit, comme notre compréhension d’ailleurs. Les descriptions des paysages torturés et des éléments violents, sans parler du côté glauque des faits pas totalement dévoilés, sont contrebalancées par la douceur de la faune, de la baleine échouée aux autres mammifères en passant par les oiseaux.
Un huis-clos étouffant, même sur cette île battue par le vent et les tempêtes. Etonnamment, le phare est le seul endroit que j’ai ressenti comme un refuge, une trêve dans la violence de l’environnement ou des hommes. Ecriture et traduction sont totalement adaptées à l’ambiance et ne la trahissent jamais.
Un roman qui pose la question de la protection du vivant et de la diversité pour assurer celle de l’humanité. Quel choix faire s’il doit l’être fait sur ce qui nourrit tout de suite ou à plus long terme ; le vivant est une chaîne, en faire disparaître un maillon déclenche une extinction.
Je suis aussi ravie que je l’espérais mais au fur et à mesure de la lecture, j’avais envisagé une autre fin ! Pas de quoi être déçue non plus.