J’ai cru dans un premier temps avoir affaire à un recueil de nouvelles. Le livre s’ouvre sur un incendie volontaire aux États-Unis en 1979. Deux morts et le coupable, tapi dans l’ombre, qui regarde son œuvre le sourire aux lèvres. Second chapitre, des années plus tard, toujours aux États-Unis, un ravisseur d’enfant file en voiture vers Chicago, s’arrêtant pour la nuit dans un motel sordide. Troisième chapitre, près d’Annecy, une maison isolée et une baby-sitter psychologiquement fragile, pour ne pas dire plus, qui va foutre la trouille de sa vie au gamin qu’elle garde. Quatrième chapitre, à Nantes, une femme quitte son mari après avoir découvert qu’il l’a trompe...


Quatre histoires, quatre lieux et quatre époques à priori sans aucun rapport. Mais à partir du chapitre suivant, on retrouve un des personnages du début. Et de fil en aiguille, on commence à comprendre que des interactions vont naître, que tout cela est un gigantesque puzzle narratif dont les pièces, d’apparence totalement incompatibles, vont finir par s’emboîter. Diabolique.


Ok, j'avoue, je me suis laissé piéger comme un bleu, même si j’ai quelques bémols. La fin est trop abrupte, et surtout il y a des répétitions et des tournures de phrases assez maladroites qu’une relecture attentive (de l’éditeur notamment) aurait permis d’éviter. Je sais bien que c’est un premier roman et que l’indulgence doit être de mise mais quand même.


Après, au-delà de ces bémols, impossible de ne pas reconnaître la capacité de l’auteur à mettre en place une ambiance angoissante à souhait. Sans tomber dans le gore ni dans la violence à outrance, mais en privilégiant une forme de suggestion bien plus efficace. Et avec une écriture très visuelle, des scènes s’enchaînant de façon cinématographique et une construction du récit particulièrement maline.


Efficace est le mot qui caractérise le mieux ce texte je pense. Efficace et culotté. Et drôlement bien fichu, malgré une écriture qui, littérairement parlant, a encore besoin de gagner en maturité.

jerome60
7
Écrit par

Créée

le 26 sept. 2015

Critique lue 733 fois

jerome60

Écrit par

Critique lue 733 fois

5

D'autres avis sur Les Loups à leur porte

Les Loups à leur porte

Les Loups à leur porte

6

Pouyou

139 critiques

L'écrivain : un loup pour le lecteur non averti?

Tout partait bien, il avait pour lui les comparaisons avec Twin Peaks et l'oeuvre de Stephen King. Pour un premier roman (et non un "roman policier" précisons le) c'était prometteur. Les premières...

le 16 déc. 2015

Les Loups à leur porte

Les Loups à leur porte

9

AlMaryElene

9 critiques

La soif qui les taraude

Jérémy Fel, primo-romancier, nous décrit la vie de ses personnages, leur soif de vengeance, de violence ou de vivre tout simplement. Par étape il fait les liens entre tous et nous présente un monde...

le 16 sept. 2015

Les Loups à leur porte

Les Loups à leur porte

5

dodie

538 critiques

Critique de Les Loups à leur porte par dodie

Ma libraire m'avait prévenue: c'est un roman très sombre....... Je dirais qu'il est aussi déroutant. Tout d'abord on ne comprend pas trop la construction: chaque chapitre, dont le titre porte le nom...

le 25 oct. 2015

Du même critique

Dans les forêts de Sibérie

Dans les forêts de Sibérie

8

jerome60

1333 critiques

http://litterature-a-blog.blogspot.com/2011/12/dans-les-forets-de-siberie-calendrier.html

Sylvain Tesson s'est fait un serment : avant ses 40 ans, il vivra plusieurs mois dans une cabane. Direction donc le fin fond de la Russie, sur les bords du lac Baïkal. De février à juillet 2010,...

le 17 déc. 2011

Le Guide du mauvais père, tome 1

Le Guide du mauvais père, tome 1

7

jerome60

1333 critiques

Critique de Le Guide du mauvais père, tome 1 par jerome60

- Papa ! C'est quoi la pénétration ? - La pénétration c'est quand le monsieur est sexuellement excité et que son pénis devient tout dur. Ça s'appelle une érection. Ensuite le monsieur fait entrer son...

le 5 janv. 2013

Notre besoin de consolation est impossible à rassasier

Notre besoin de consolation est impossible à rassasier

8

jerome60

1333 critiques

http://litterature-a-blog.blogspot.fr/2012/04/notre-besoin-de-consolation-est.html

« Je suis dépourvu de foi et ne puis donc être heureux, car un homme qui risque de craindre que sa vie ne soit une errance absurde vers une mort certaine ne peut être heureux ». Ainsi commence cet...

le 13 avr. 2012