J'ai à la fois aimé cette autobiographie, mais à la fois détesté. Sartre sait écrire. Il joue avec la longueur de ses phrases et adopte un style très proustien, mais parfois très saccadé.
Sartre crée un alliage ternaire, met un point , se masturbe dessus et recommence. C'est intéressant de saupoudrer ton texte de courtes phrases, à première vue, impossible à déchiffrer, mais quand tu les enchaines pendant 10 pages c'est tannant. Heureusement, le phénomène est peu récurrent et la plupart du temps le livre est relativement simple à comprendre. Je veux pas critiquer négativement le livre parce qu'il est parfois trop compliqué, mais c'est surtout parce que les courtes séquences où Sartre part dans un délire métaphysique n'ont pas rapport.
Sinon point positif: ses réflexions. Le fait qu'il raconte ses fantasmes enfantins, puis rajoute un commentaire adulte est fascinant. Qualifier son soi de 8 ans d'anarchiste de droite en se basant sur les romans qu'il écrivait tout-petit est à la fois hilarant et intéressant. Bien aimé le fait qu'il assume sa bourgeoisie, l'a critique, mais qu'il accepte que cela l'a très grandement aidé dans la vie.
Faute d'ennemis visibles, la bourgeoisie prenait plaisir à s'effrayer de son ombre; elle troquait son ennui contre une inquiétude dirigée.
Ce n'est pas le livre qui m'a le plus marqué, mais on ne peut juger la qualité de certaines phrases. Même si ses courtes phrases sont prétentieuses, le propos est loin d'être vide.