Le fond mais pas la forme
Chapeau à Annick Cojean pour son travail d'investigation hors norme qui porte bien "la plûme dans la plaie" (comme évoqué. chapitre 9). Et pas qu'un peu. On découvre dans ce livre en premier lieu l'ampleur des perversités de Kadhafi, véritable monstre sexuel dopé au viagra et à la coke, puis la désillusion terrible des femmes lybiennes, qui n'ont pas fini de lutter dans une société écrasée par son héritage.
Néanmoins, sur la forme, ma déception est grande face à ce patchwork de récits successifs, froids, mis à distance, laissant le lecteur se débattre entre l'objectivité de la présentation des faits et l'empathie qu'ils suscitent.
Comme si Annick Cojean, ne voulant pas se tacher (à l'exception de la dernière page !), jetait de sa plûme les faits sur une toile distante, laissant ainsi au lecteur le monopole de son expérience (bancale) face à ce Pollock du reportage.
En somme : 5/5 pour le fond, 0/5 pour la forme.