En mal d'inspiration, Rébecca, romancière à succès, pourtant prolixe d'ordinaire, rumine, au moins jusqu'au jour où elle rencontre Lino, artisan vénitien, menuisier et restaurateur de meubles d'art. Il lui raconte ses difficultés existentielles, familiales et amoureuses. Ces dernières intriguent beaucoup l'autrice, au point de s'en inspirer pour son nouvel ouvrage.
Cet aspect devient évidemment le centre de l'intrigue. Elle lui avoue, et tout s'emballe. Les sentiments se brouillent encore davantage, pour lui un peu plus et désormais de son côté aussi à elle. Inévitablement, les interrogations se croisent, pour le pire probablement, pour le meilleur possiblement.
La rencontre de douleurs croisées qui forment une forme d'apaisement après un moment de tension me semble une idée riche et originale ; saisir les hasards de la vie et les faire fructifier, dans le respect d'autrui bien sûr, me paraît intéressant et pouvoir constituer une ligne directrice d'existence.
Les déambulations dans Venise m'ont évidemment attiré, mais elles restent un tantinet secondaires, et relevant un peu du "cliché". Mais elles soulignent une commune attirance pour le beau, l'art et l'esthétique chez les deux protagonistes, ce qui leur vaut un motif supplémentaire de rapprochement, et cela me plait, car l'art aide à vivre, à mon sens.
Ce roman est réussi et assez beau;