Deuxième Grangé dans ma bibliothèque, acheté avant la lecture du premier (ne cherchons pas la logique) sous une impulsion un peu idiote de « oh c’est connu et pas cher », mais jamais lu car réflexion faite, l’histoire n’est-elle pas justement un peu glauque ? Et le glauque j’ai donné avec Thilliez et Train d’enfer pour Ange Rouge. Je doute d’autant plus que celui-ci est son deuxième roman, j’ai peur de retrouver comme chez Thilliez du sensationnalisme de débutant et des personnages torturés.
Ça ne commence en effet pas forcément très bien avec une scène de crime à grand spectacle (après je ne suis clairement pas le public cible, je préfère les thrillers psychologiques personnellement). Et puis, comme pour les Promises, je finis par me prendre complètement au jeu : l’écriture est maîtrisée et intelligente. Certes, Grangé a une passion pour les personnages violents qui ont recours à l’armée ou à la police pour expulser leur nature profonde assez torturée, certaines de leurs actions sont assez risibles, mais on ne se perd pas en atermoiements, l’enquête se déroule rapidement et nous entraîne sur un fil passionnant dont on ne devine pas tous les tenants et aboutissants dès le départ (c’est bien agréable ça aussi). Les personnages se dévoilent, on s’y attache, Grangé fait preuve d’intelligence (je me répète mais c’est à mon sens une de ses plus grandes qualités d’écriture à plein de niveaux) dans ses réflexions et son traitement des personnages. Le rythme du scénario, qui alterne entre les deux principaux enquêteurs, est dynamique et l’ensemble est vraiment plaisant à lire. On dévore les pages sans trop s’en rendre compte et surtout sans jamais s’ennuyer.
J’ai acheté le premier Grangé par dépit, le second un peu par hasard, mais je l’ajoute maintenant aux auteurs que j’ai sérieusement envie de découvrir.