Quelques années seulement ont passé depuis les évènements de Lonsesome Dove mais, on s'en rend compte dès les premières pages, certains faits marquants ont eu lieu entretemps : Pea Eye et Lorena se sont mariés, Newt est mort accidentellement et Call vend dorénavant ses services au plus offrant comme chasseur de primes. La réputation de ce dernier le précède partout où il va et lui facilite le travail, ce qui arrange d'autant plus ses affaires que, contrairement à ce qu'il prétend, il n'a clairement plus les capacités de sa jeunesse. C'est dans ce contexte, alors que l'apparition des voies ferrées a radicalement modifié l'espace et ouvert le pays, que notre vielle connaissance remonte sur son cheval pour traquer un braqueur de trains nommé Joey Garza. En effet, les compagnie de chemins de fer préfèreraient voir ce jeune renégat derrière des barreaux ou, encore mieux, au bout d'une corde. Accompagné de Brookshire, un comptable envoyé par l'employeur de Call pour veiller aux dépenses, de Famous Shoes, un pisteur indien, et de Pea Eye, en proie au doute quant à la pertinence de cette aventure, l'ancien capitaine des rangers se met en route.


Pour mon plus grand plaisir, j'ai retrouvé dans ce deuxième épisode de la série tout ce qui m'avait fait vibrer dans le premier, à commencer par les descriptions grandioses de l'ouest américain. La traque du hors-la-loi mexicain plonge les personnages dans une nature farouche et leur fait parcourir des étendues inhospitalières totalement immersives. Là, protagonistes ou antagonistes, tous doivent faire preuve d'une grande capacité d'adaptation et se prêter à un jeu dangereux, celui de flirter avec leurs limites personnelles. Or, à ce jeu, que ce soit Call et ses compagnons ou Joey et les siens, tout le monde ne peut gagner. La question se pose alors de savoir qui perdra et dans quelle circonstance.


En attendant de nous livrer son verdict, le romancier américain développe une trame passionnante, parsemée de scènes d'action, de temps d'introspection et de quelques moments suspendus, durant lesquels il expose ses personnages à l'adversité. Les femmes y font particulièrement bonne figure. Il faut dire que, dans cet environnement pourtant très masculin, l'auteur leur offre de beaux rôles. Le reste de la distribution est aussi soigné et, durant les presque 800 pages que dure le roman, Larry McMurtry prend non seulement le temps de creuser la personnalité de tous ceux qui arpentent son décor mais également celui de sonder leurs motivations. C'est à ce point qu'on réalise que tous, pour une raison ou pour une autre, peinent à choisir entre la nécessité d'un confort et l'envie d'aventures. Or, comme vous le savez, choisir c'est renoncer. Au-delà de simplement proposer une formidable chute à la série, Les rues de Laredo ouvrirait-il une piste de réflexion sur le renoncement nécessaire ?


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TmbM
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le 27 juil. 2025

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