J’ai beaucoup aimé l’écriture de Mathilde Beaussault.
Vocabulaire riche, phrases longues ou courtes alternant selon la scène, quelques jeux de sonorité parfois…
Très agréable.
Et puis j’ai bien aimé ses personnages.
A la fois marqués, caricaturaux, mais juste ce qu’il faut pour exister, être reconnaissable, avoir une consistance sans être too much. Marguerite est parfaite en témoin rêveuse et limitée, un très joli personnage auquel on croit facilement, par exemple.
Bien aimé aussi plusieurs passages, des scènes vivantes généralement, d’excellents interrogatoires très théâtraux…
Et puis l’histoire avance plutôt bien, on suit parfaitement la foule de personnages (une bonne dizaine), ce qui se passe un peu partout, sans trop de redites – ou alors, pas dérangeantes, un côté Simenon, la vraie vie, un témoignage d’un lieu et d’une époque.
Après, l’histoire manque peut-être un peu de solidité.
C’est comme Simenon et Maigret, on décrit des gens, on interroge, pour comprendre et, comme dans la vraie vie, il est des choses qui ne servent pas au final, c’est joli, ça plantait l’ambiance mais c’était dispensable…
Donc j’ai passé un très agréable moment de lecture mais j’aurais bien aimé un petit truc en plus, plus complexe ou plus actif (parce que comme les Simenon que j’ai lu, à la fin, tadaaaaaa, ça se résout et tu te dis que la moitié du bouquin ne sert à rien).
Mais chouette premier roman quand même.