Entre les pages de ce roman, c’est sous une plume limpide qui danse avec souplesse que Georges Simenon dépeint très adroitement le quotidien de la vie de couple. Son sujet, parfaitement maîtrisé, lui permet de déployer une photographie réaliste de la représentation, faite et attendue, d’une relation entre un homme et une femme. Souvent bercée de chimères, c’est avec une certaine cruauté, le trait brut, que l’on découvre que rien n’est jamais comme on se le représente ! Bercée d’illusions, de fantasmes et d’attentes tout à fait irrationnelles, l’intimité d’une vie à deux se révèle malsaine, incompatible avec le bien-être et la sérénité de l’esprit. Un terreau idéal pour le chiendent. Les protagonistes sont ici très intéressants et ils évoluent dans un bain de cupidité que chacun estimera légitime ou pas. Le drame, en sourdine, n’est pas encore accompli et c’est un vrai dilemme pour Maigret qui cherche sa propre légitimité dans cette affaire qui ressemble plus à une comédie burlesque qu’à une tragédie Shakespearienne. Il faudra être aussi patient qu’un prédateur pour enfin deviner les tenants et les aboutissants d’une histoire à l’intrigue qui se fera désirer. A terme, bien entendu, il y a toujours une victime : celle qui aime le plus et sans concessions. En conclusion, le message de l’auteur reste le même au fil de son œuvre : méfiez-vous des femmes.