Ce premier volet de la saga des Thibault nous plonge dans l’univers de deux familles bourgeoises du début du XXᵉ siècle, l’une catholique, l’autre protestante. À travers cette dualité religieuse et sociale, Roger Martin du Gard esquisse les tensions d’une époque en mutation, où les repères traditionnels commencent à vaciller.
Le roman s’attache particulièrement à la jeunesse, à l’adolescence, et au passage vers l’âge adulte. L’opposition au père, la remise en question de l’autorité et la lente érosion de la place de la religion dans la vie des personnages sont autant de thèmes finement explorés. L’auteur excelle dans l’introspection : les pensées et les dilemmes des protagonistes sonnent juste, avec une sensibilité qui rend leur évolution profondément humaine.
Si le style peut paraître sobre, il sert parfaitement le propos : une peinture psychologique et sociale nuancée, sans emphase inutile. Ce premier tome pose les bases d’une fresque familiale et intellectuelle ambitieuse, où l’individu se confronte aux structures qui l’entourent.