ew York, 1961. On pense tout de suite à Bob Dylan et à Andy Warhol. Peut-être à Roy Lichtenstein, Woody Allen ou James Baldwin. On devrait aussi penser à Tomi Ungerer.
L'Alsacien est new-yorkais depuis quelques années déjà. Il a à son actif plusieurs albums qui sortent de l'ordinaire, publiés par l'éditrice avant-gardiste Ursula Nordstrom. Rufus, Crictor, Emile, soit une chauve-souris, un serpent et un vautour :des animaux à mauvaise réputation qui se révèlent être des héros positifs.
Les Trois brigands qu'il publie en 1961 va plus loin en ce que les héros sont réellement terribles, animés par la violence et la cupidité.
Comme dans Le géant de Zéralda qu'il dessinera quelques années plus tard, la rédemption vient d'une innocente fillette. On retrouve aussi la fin utopique chère à Ungerer où toute la société est comme sauvée (Comme dans le Nuage bleu ou Allumette).
Le style hyper graphique tranche avec la production de l'époque, avec ces inquiétantes silhouettes d'un noir monochrome se détachent dans la nuit bleu mais c'est bien ce refus de la morale simple, de l'ambivalence entre le bien et le mal qui en fait une œuvre révolutionnaire.
NB: l'album est aussi le premier album publié par l'école des loisirs, en 1965 pour lancer la plus créative des maisons d'édition françaises