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Délicatesse
A quarante-huit ans, Alice n’a jamais reçu d’amour. D’origine très modeste, maltraitée et abusée par les hommes durant son adolescence, fille-mère, cette femme meurtrie et effacée s’est partagée...
le 10 mars 2021
Alice a bientôt 50 ans, une vie sacrifiée derrière elle et peu de perspectives devant. Enseignante, elle a cessé de donner des cours. Alice a été mère très jeune, mais aujourd’hui sa fille s’est quasiment totalement détachée d’elle alors qu’elle s’apprête à devenir mère à son tour. Alice a cédé à tout et notamment à des hommes qui ne l’ont pas aimée et n’ont jamais pris en compte ses désirs. Alice est passé à côté de la vie et de l’amour. Mais Alice a découvert le lâcher prise auprès d’un homme, un masseur japonais qui lui a redonné une consistance, un corps. C’est à cet homme qu’Alice écrit, comme une bouteille à la mer, l’amour qu’elle s’est mise à ressentir pour lui au cours de ces séances de massage silencieuses. Car cet homme qui a su éveiller en Alice une sensualité et un désir nouveaux est reparti vivre au Japon.
Ce livre, très court, et un condensé de sensations. A la fois d’une extrême douceur dans la relation inaboutie entre Alice et Akifumi et d’une violence contenue lorsqu’Alice raconte sa jeunesse et ses traumatismes.
Amanda Sthers a su créer une atmosphère d’une infinie délicatesse qui accompagne l’éveil de cette femme en manque d’amour et de reconnaissance. Dans cette lettre, Alice se dévoile entièrement sans rien cacher de ses failles. Elle s’autorise une liberté qu’elle n’a jamais eue à travers des mots qui expriment son désir et ses frustrations. Alice y dit tout mais surtout cet espoir qu’il n’est pas trop tard, que les portes de l’amour et de la tendresse peuvent encore s’ouvrir pour elle. Sur la foi d’un sourire, d’un origami offert, d’un mouvement peut-être un peu plus appuyé, de quelques mots maladroits échangés avec un homme qui ne parle pas sa langue, d’un rire partagé, Alice va se construire un ailleurs, un meilleur. Cet espace temps hors du temps qu’elle partage avec Akifumi va lui permettre de naître et de comprendre qu’elle n’est pas uniquement faite pour subir mais aussi pour ressentir du plaisir.
Comme Alice, on vit durant la lecture de ce roman comme dans une parenthèse enchantée, expérimentant à ses côtés ces instants d’une grâce infinie et espérant qu’ils puissent être vécus de nouveau.
Créée
le 15 déc. 2020
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