Direction l'Inde des années 70, une très mauvaise période pour naître en tant que fille. Globalement, c'est ce que je retiens du bouquin où l'on suit l'histoire de Kiri, née dans une famille brahmane traditionaliste dont le père, qui, en plus de se montrer violent, refuse de l'envoyer à l'école. Oui, voyez vous, comme on va devoir la marier à l'âge de 13 ans, il ne faudrait quand même pas qu'elle soit éduquée. A quoi ça sert de savoir lire et écrire si notre avenir n'est que d'être soumis à son mari et de lui faire à manger ?
Manque de bol pour le papa de Kiri, la société évolue, et au moment où il lui cherche un mari, il se rend compte que les jeunes hommes des castes supérieures qu'il cherche à caser avec sa fille, souhaitent une femme éduquée.
Un roman intéressant qui nous permet de plonger dans la société indienne des années 70 et ses traditions notamment autour du mariage et de la dot. Si "c'est une malédiction d'être née fille" comme le disent plusieurs protagonistes du roman, (en même temps, il faut tenter d'échapper aux mariages forcés, aux immolations, aux viols et à la violence de façon générale) sachez qu'être pauvre est également une plaie, et que si vous êtes une femme pauvre, vous avez le parfait combo gagnant ! Hema Macherla nous décrit l'oppression opérée par ceux qui possèdent le pouvoir alors que les naxalites, sorte de guérilleros communistes, essaient de mettre fin (par tous les moyens même violents) au système de castes.
Il existe un proverbe, Kiri, qui dit que la femme est semblable à une feuille et l’homme à une épine. Que la feuille tombe sur l’épine ou que l’épine tombe sur la feuille, le résultat sera toujours le même. Seule la feuille en pâtira.
Pas de la grande littérature dans le style d'écriture, mais je n'oublierai pas la violence de la société indienne que ce livre raconte en parallèle de la quête d'émancipation de l'héroïne.