Chen Jiang Hong a un coté vexant. Ce qui sont pour nous de grands albums sont pour lui son à-coté, qu’il dessine pour se changer les idées entre deux tableaux. On est sa side chick! Mais ses miettes d’amour sont si belles et si fortes qu’on s’en contente volontiers.
Chen Jiang Hong se cache comme souvent derrière un conte traditionnel pour nous raconter une histoire toute personnelle. Il nous narre le destin de Lian, petite fille née dans une fleur de Lotus adoptée par un modeste pêcheur, lointaine cousine de Midas puisqu’elle transforme ce qu’elle touche en or. L’illustrateur chinois y tisse les thèmes qui semblent l’obséder: la filiation adoptive, la pauvreté, le pouvoir oppresseur et bien sûr l’enfance. Des thèmes auquel son album autobiographique Mao et moi font douloureusement écho, mais transfigurés par la puissance du conte et la magie de la Chine éternelle. Chen Jiang Hong n’a pas de fleur de lotus magique, mais il a ses pinceaux et il sait comme Lian transformer ce qu’il touche en or.