Love etc.
6.3
Love etc.

livre de Julian Barnes ()

C'est le "Etc" qui nous coûte cher...

J'ai ramé sur les 20 premières pages, et adoré le reste. Il est vrai que le démarrage est un poil cryptique, en partie pour moi parce que je n'avais pas réalisé qu'il s'agissait d'une suite. Grrrrr... Mais passé le premier écueil, ce livre est vraiment sympa et Barnes y déploie tout son talent d'écriture. Imaginez que les personnages d'un livre s’adressent tous à vous, le lecteur., comme si vous étiez leur psy ou le flic en charge de l’interrogatoire. C'est déroutant mais on s'y fait vite.


Stuart, anglais féru de culture bio, récemment revenu d'Amérique, vous parle de Gillian, son ex-femme, et du mari de celle-ci, Oliver, qui lui a "volé" Gillian il y a dix ans... Oliver vous parle surtout de lui-même, tel un narcissique dépressif. Gillian vous parle de ses deux maris; et elle n'a pas sa langue dans sa poche. Après dix ans d'absence, Stuart est de retour dans la vie du couple et les étincelles menacent d'allumer un incendie.


Il faut savoir absorber la personnalité "borderline" de Oliver pour apprécier ce livre, car chacune de ses interventions est un torrent de vocabulaire et d'idées saugrenues et souvent géniales, mais parfois indigeste. Oliver est trop intelligent pour son propre bien, une tête à claque. Stuart, Gillian, et les autres personnages vont nous faire vivre de témoignages en témoignages la difficulté d'être des couples modernes, les crises qui secouent les consciences, et les désirs qui affleurent sans cesse dans toutes relations. On y trouve aisément ses propres déboires et travers...


L'histoire de ce trio amoureux est aussi amusante que pertinente et l'analyse de Barnes est un plaisir à lire. (C'est à cause de cela que je viens de visionner "Husbands and Wives" de Woody Allen...) Le livre n'est pas sans surprises, les situations sont plausibles et il y a une réelle évolution de l'opinion qu'on se fait de chacun, ce qui en fait un roman vraiment vivant, en contradiction avec sa mise en scène un peu étrange ...


Bien aimé donc, avec un léger bémol sur le jugement conservateur voire un poil condescendant sur le sujet de la dépression. Bon, l'écriture est superbe, très anglo-saxonne et je vous recommande son bouquin (mais peut-être attaquez-vous d'abord au premier tome "Talking it over"...


PS : j'apprends grâce à SC qu'un film français a été tiré du roman, avec Charlotte Gainsbourg et Yvan Attal ! Tiens, tiens...

nostromo
7
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Créée

le 7 avr. 2015

Critique lue 246 fois

nostromo

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