C’est l’histoire d’un homme qui passe sa vie à boire. Un mari et un père, sans emploi ni but, qui erre dans le 20e arrondissement de Paris, des allées du cimetière de Charonne aux bistrots de la porte de Bagnolet. Un alcoolique tranquille, dont la “vie ne déborde pas d’objectifs, [qui] laisse les ambitions à ceux que ça anime”. Il vivote, entre allocations chômage et petits trafics, sorte de punk rêveur et nihiliste dont la seule et unique passion reste la dive bouteille.
J’ai tout lu et tout adoré de Florent Oiseau. Du moins jusqu’à ce roman. Je n’y ai pas retrouvé sa patte, sa gouaille, son regard distant sur le monde. Il y a bien cette part de désenchantement, d’humour et d’autodérision qui le caractérise depuis ses débuts mais avec moins de liberté de ton et de spontanéité. Peut-être que son changement d’éditeur et l’arrivée dans l’iconique collection “Blanche “ de Gallimard lui a imposé cette mue plus “littéraire” pour gagner en respectabilité, je ne sais pas. Et puis c’est la première fois que je ne m’attache pas à son personnage principal, qu’il ne m’inspire aucune tendresse, qu’il m’exaspère plus qu’il ne me charme. L’alcoolique qui se complaît dans sa dérive éthylique, très peu pour moi, j’ai donné. Pour être franc, c’est un livre que j’ai eu du mal à finir, regardant de loin des événements dans lesquels je trouvais de moins en moins d’intérêt au fil de ma lecture. La déception est à la hauteur de mes attentes particulièrement élevées envers cet auteur qui m’a toujours enchanté mais nul doute que ce n’est que partie remise et je serai évidemment le premier à me jeter sur sa prochaine publication.