Dans cette courte nouvelle*, Balzac peint un portrait poétique et romantique de la vertu et de la probité à travers l'histoire d'un couple marié secrètement, Mr de Camps et Mme Firmiani. Cette dernière, qui donne son nom à l'oeuvre, est une belle veuve encore jeune très éprise de son second mari, légèrement plus jeune qu'elle. Ayant découvert qu'il tenait en réalité sa fortune d'une malhonnêteté de son père, elle l'encourage à s'appauvrir en restituant la fortune mal acquise et à laver sa conscience, au détriment de leurs mutuelles espérances.

Nous sommes en 1831 à Paris et Balzac est ici comme un poisson dans l'eau. Il maîtrise son contexte, ses personnages, sa trame, sa narration. Ben oui, c'est Balzac, quoi ! Peintre de la société et de la "comédie humaine", il débute son récit en caricaturant à l'envi les différentes opinions sur Mme Firminiani collectées auprès des divers types sociaux parisiens et cherche à prouver ainsi que la rumeur, la médisance et le ragot réussissent fatalement à salir la réputation et à forger le mystère - plutôt malveillant - autour de nos concitoyens. Les signes extérieurs de richesse et de situation suffisent généralement - et aujourd'hui encore - à guider l'opinion publique et l'opinion particulière vers des chemins trompeurs. Ne vous fiez pas aux apparences ! On ne cesse de vous le seriner et pourtant... voilà un travers qu'il est si difficile de combattre et qui s'assimile si bien à un instinct qu'il semble génétiquement ancré en nous.

Sur le fond comme sur la forme, je trouve que cette nouvelle n'est pas vraiment renversante. Assez moralisatrice et sans véritable surprise car on sent venir de loin le dénouement heureux, elle ne m'a offert que le plaisir de lire quelques pages de notre belle langue sublimée par une plume experte.


*premier livre de la "Comédie Humaine", études de mœurs, scènes de la vie privée, tome 1
Gwen21
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le 14 nov. 2014

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