Oubliez les cartables et les bons sentiments : avec Maîtresse, Valerio Marra signe une rentrée scolaire des plus angoissantes. . Giulia, une jeune institutrice, commence un nouveau poste dans l’école religieuse de son enfance, située dans la banlieue de Rome. Elle espère y trouver un peu de réconfort après la perte douloureuse de son frère. Mais très vite, l’étrangeté s’invite dans sa classe. Un petit garçon nommé Teo attire son attention. Il parle peu, reste en retrait… mais surtout, ses dessins sont troublants. Très troublants.
Je me suis prise à inspecter chacun de ces croquis – insérés directement dans le livre – avec un mélange de fascination et de malaise. Que voulait-il dire ? Était-ce un appel à l’aide ? Ces dessins ne ressemblent pas à ceux d’un enfant ordinaire… et ils deviennent de plus en plus sombres au fil des pages.
L’histoire glisse lentement vers une ambiance étrange, presque surnaturelle. Giulia est elle-même victime de cauchemars où une ancienne statuette semble la hanter. Tout semble flou, décalé, un peu irréel. Et pourtant, le danger, lui, est bien réel.
J’ai trouvé que le rythme manquait un peu de nerf par moments. Certains chapitres sont longs, et j’ai attendu que l’intrigue s’accélère… en vain. Malgré cela, l’atmosphère pesante est très réussie, et utiliser de vrais dessins d’enfants est une excellente idée.
Les personnages, eux, m’ont laissé un peu à distance. Giulia, pourtant au cœur du drame, peine à susciter l’empathie. Elle m’a semblé distante, enfermée dans sa douleur, et peu à l’écoute de ceux qui l’entourent. Le seul personnage qui m’a arraché un sourire, c’est son chat !
Malgré quelques frustrations, Maîtresse reste un thriller singulier, inquiétant et immersif. La prochaine fois qu’un enfant me tendra un dessin, je crois que je le regarderai d’un tout autre œil…