Quoi de mieux, pour briser l'ennui pendant une période de confinement liée une pandémie, que de lire un livre post apocalyptique ? Alors que cela faisait environ deux heures que je fixais mon impressionnante pile de livres à lire qui se compose de trois livres, j'ai eu la lumineuse idée de sortir Malevil. Timing parfait pour se redonner du baume au cœur en cette période. Malevil est le deuxième livre de Robert Merle que je lis, après l'excellent La mort est mon métier.
Pour résumé, fin des années 1970 dans un village du sud de la France, à la suite d'une d’une guerre nucléaire (?) qu’ils appelleront « l’évènement », les environs d’un château du moyen âge appelé Malevil sont dévastés et brûlés. Par chance, Malevil est protégé par une falaise et résiste. Doublement chanceux sont les sept rescapés qui étaient dans la cave à ce moment-là. De là, ils vont devoir s’organiser pour survivre, mais aussi faire face à d'éventuels pillards. Ici, on baigne dans une ambiance campagnarde, un rythme de vie plus lent. Pas de hordes de barbares assoiffés de sang et armés jusqu’aux dents. Le ton se veut réaliste.
On s’est tous posé cette question au moins une fois dans sa vie, " qu’est-ce que je ferai si j’étais l’une des dernières personnes sur la Terre ? Comment je réagirai si je perdais tout, amour, amis, en l’espace d’une seconde ? Que faire face à ce nouveau monde ? ". De ce postulat, Merle brasse de nombreuses thématiques comme l’amour, la survie, la justice, les liens d’amitiés, la religion, la place de la femme dans ce monde remplis d’hommes … C’est justement ce dernier point qui m’a agacé. Loin d’être un féministe acharné, j’ai trouvé irritant le rôle des femmes, jeunes filles dans ce roman. Soit, elles font les tâches ménagères, soit elles sont réduites à être des vagins sur pattes. À aucun moment, elles ont un rôle fort ou déterminant dans le déroulement de l’histoire. Certains diront que l’époque et le lieu veut ça.
Il y a un autre bémol, et non des moindres, c’est le narrateur Emmanuel. Beaucoup trop fort, trop calculateur, trop sûr de lui, trop tout. On se surprend même à certains moments à avoir envie de le voir mourir pendant une embuscade. À noter qu’entre certains chapitres il y a des notes de Thomas, un des survivants, qui viennent nuancer la magnificence d’Emmanuel. (Et ça fait du bien).
Mis à part ce point négatif, je trouve que Merle est un formidable conteur. Son style d’écriture est fluide et il arrive à nous entraîner dans des histoires « basiques » de fin de monde (récolte, rationnement, recherche de survivants,...) sur plus de 650 pages. (P.S. je tiens à préciser qu’il a fallu m’armer d’un microscope pour lire l’édition dont je disposais). De plus, il excelle dans la description des lieux, et les interactions entre les différents personnages.
Pour finir, je conseillerai ce roman à tous ceux qui veulent découvrir un roman post-apo français qui se veut réaliste.