Chef d'oeuvre. Immense livre, inspirant au plus haut point.
Le bouquin m'a transmis la rage de vivre et de vaincre de Martin. L'envie d'être moi, de me découvrir, de briser les carcans moraux de la société. L'envie d'être suprêmement original, comme Martin, qui ne rentre dans aucune case : voyou, camarade bagarreur et bon vivant qui a tout vu et tout vécu. Puis grand intellectuel et esthète apolitique. J'aime beaucoup la vision nietzschéenne qui y ait proposé. Je n'ai pas les mots, je ressens autant de tendresse et de pitié que de jalousie. Cet amour naïf et immature qui bâtit des splendeurs autant qu'il détruit, que dire ? Il faudrait écrire des pages pour arriver à tout démêler. Je ne sais même pas si je dois adorer le bouquin ou en avoir peur, tant les enjeux sont grands.
Mais quelle vie, quelle intensité ! Martin se lance dans sa deuxième vie comme une flèche, tout droit, si vite qu'on ne la voit pas passer. Et la flèche s'arrête net, inerte, quand elle rencontre sa cible. Cette fin terrible et terriblement logique me paraît pourtant si lointaine... N'aurait-il pas pu se réinventer encore ? Mais qui suis-je pour comprendre ? Je ne suis qu'au tout tout début de mon voyage...