J’avais gardé un bon souvenir de Bride, tome précédent de cette duologie, dans lequel Hazelwood quittait son territoire des STEM pour s’aventurer dans les vastes contrées de la fantasy avec une variation sur le thème Roméo et Juliette x Twilight, tout en gardant sa patte.
Quelle déception, alors, que la lecture de Mate. On retrouve des personnages secondaires de Bride : Serena, meilleure amie de Misery, qui avait disparu, et Koen, alpha d’une autre meute de loups-garous. Serena, une des rares hybrides loups-garous / humains, se cache dans le territoire de Koen, dont elle est la moitié. Le récit est globalement très lent, et les 150 premières pages en particulier, car on apprend par bribes, à grands coups de flashforwards et backwards totalement dispensables, la raison pour laquelle Serena vit comme une ermite dans les bois : elle souffre d’une maladie dégénérescente et va mourir prochainement. Et puis en fait, non, c’était une erreur de diagnostic médical (et même des contre-expertises !) et elle ne va pas mourir du tout : elle entre juste en chaleur. Sauf que Koen, qui l’attire terriblement, se refuse à elle : elle pense d’abord qu’elle ne l’attire pas, puis, à la moitié du livre, comprend que tout est lié à l’organisation politique de la meute, les circonstances de son accession au rang d’alpha il y a vingt ans, et la guerre qui a ravagé sa meute. Malgré son attirance évidente (il bande beaucoup), Koen ne peut se laisser aller à ses instincts car il a passé un pacte de célibat et d’abstinence, alors qu’elle est chaude comme la braise (tout ça est physiologique), sauf qu’en plus il y a une histoire de secte qui ressurgit et qui, ô surprise, est liée à tout le reste : le fardeau de l’alpha pour Koen, et la paternité mystérieuse de l’orpheline Selena. Tout ça culminant en 50 pages pornographiques pour raconter par le menu les trois jours de frénésie sexuelle entre les deux.
Non seulement les subtilités de la gouvernance d’une meute ne m’intéressent plus (j’ai tout donné pour Bride), mais je n’ai pas retrouvé dans Mate ce que j’aime tant chez Ali Hazelwood : son humour, son talent de construction narrative, l’écriture fine de ses personnages. Il faut qu’elle ralentisse un peu son rythme d’écriture et de publication pour retravailler un peu tout ça…