Mathilde ne dit rien, Tristan Saule, le Quartanier
Mathilde vit seule dans son appartement de la Place carrée. Travailleuse sociale au département, elle reçoit les gens en difficulté financière, et ils sont nombreux du quartier à la consulter. Lorsqu’elle apprend que ses voisins sont menacés d’expulsion, Mathilde prend une décision qui pourrait bien changer sa vie tranquille et discrète.
Tristan Saule débute avec ce titre une série de 5 livres, Les chroniques de la place carrée. Et sa première héroïne est une femme forte, pas banale. Physique hors norme, mental et détermination au plus haut. Au moins en apparence, car Mathilde cache beaucoup de choses, sur elle, sur sa vie d’avant.
A travers elle, l’auteur décrit admirablement la vie d’un quartier populaire, à la population mélangée, diverse. Le travail –quand on a la chance d’en avoir- qui ne suffit plus à payer les factures ; le RSA qui stagne si faiblement alors que tout autour augmente, parfois de quelques centime par là, de quelques autres ici, pas beaucoup, juste de quoi mettre en péril une situation financière déjà très précaire ; les jeunes et moins jeunes qui préfèrent travailler pour le caïd local –ont-ils vraiment d’autre choix ?- pour subvenir aux besoins familiaux puis qui se laissent entraîner toujours plus loin.
Tristan Saule écrit un roman noir sur la misère sociale, sur les exclus de la croissance qui n’ont même pas eu la force de se faire gilets jaunes, un peu long parfois, mais c’est tellement bien fait et tellement rare de lire des romans sur ce sujet aussi bons.