Un bon roman du XIXe, ce n’est ni mauvais ni excellent. Problème ? On ne peut ni vraiment le critiquer, ni le porter aux nues. Pour résumer, j’ai beaucoup aimé le début qui nous immerge dans cette atmosphère un peu gothique et très cruelle. Puis l’histoire d’amour débute avec nos deux tourtereaux qui se tournent autour sans vraiment s’engager, on connaît la rengaine. A partir de là, on lâche un peu parce que ça raconte pas grand chose (mis à part quelques beaux passages). Ensuite viennent les voyages et départs (Paris, Amérique) puis les problèmes de famille qui ne sont pas plus palpitants. Enfin on arrive 100 pages avant la fin, il se passe quelque chose (no spoil) et c’est plus rythmé, les masques des personnages tombent.
Le vrai soucis de ce livre, c’est les 200 pages de plat … Je sais que beaucoup ont aimé, et je trouve au livre certaines qualités intellectuelles (Edmée en allégorie de la révolution, réflexion sur l’hérédité et le milieu de naissance et formes de violences qui en découlent. Aussi une forme d’utopie socialiste qui prône l’égalité des sexes et des classes). Mais on parle de ressenti sur ce site, et pour ma part, c’était pas fameux … Sand nous aura laissé quelques beaux passages tout de même, notamment le meurtre de la chouette et la confrontation avec Patience qui dessille le regard du protagoniste, ou encore le fantôme Mauprat (tellement Shakespearien olalala).
En plus l’atmosphère gothique se fait ressentir sur 50 pages à tout casser, si ce n’est moins, alors que Sand le fait plutôt bien … on en voulait plus ! Et pas que ce soit un argument de lecture un peu aguicheur et superficiel.