C'est pourquoi, dans Manuel de contre-folie, je crois qu'il faut insister sur le mot "manuel". Il s'agit de la main directe, revenue du digital et du numérique avec une nouvelle liberté. On peut avoir le bras long, le pouce rapide, mais c'est la main experte qui pense. Un écrivain sans "main" est comme un ordinateur débranché, la mort habite ses phrases. On possède les manuscrits hallucinants du duc. On les entend s'écrire, s'accorder, comme de spetites notes noires de musique. Là, tout n'est qu'ordre et beauté, vision, luxe, mouvement, terreur, volupté.
(Bibiothèque). Première lecture d'un livre de Philippe Sollers, et pari sans risque de la génération à laquelle il appartient. Le style fait beaucoup dans ce roman qui a tout d'un essai, mais a su régulièrement retenir mon attention, et me plaire.