Roman féministe, Même pas morte de Genevière Rioux relate l’agression vécue par une jeune femme, sa reconstruction, son combat de guerrière ainsi que l’enquête menée pour confondre le coupable. Réaliste, le récit est inspiré du vécu de l’autrice canadienne.
Violemment agressée chez elle, Stephanie Cardin est une survivante, rescapée d’une tentative de viol et de meurtre. L’agression est étrangement similaire à celle qu’a connue sa propre mère Josée des années plus tôt: intrusion au domicile familial, lacération au couteau et phrases prononcées par l’agresseur identiques. Stéphanie avait sept ans à l’époque et en a gardé un profond traumatisme. Peu à peu l’enquête se resserre autour de l’entourage de la victime.
Ce roman démarre sur une scène très violente : l’agression relatée en détails dans laquelle l’héroïne, bien qu’elle subisse 27 coups de couteau, parvient à échapper à son bourreau. Son cauchemar n’est pas terminé : l’hôpital où lui sont imposés des examens médicaux légaux, la reconstruction faciale dont elle a évidemment besoin ainsi que les interrogations des enquêteurs. Ses amis, collègues et familles sont présents pour la soutenir, ils la rassurent, lui donnent force et confiance jusqu’à ce que le doute survienne : et si l’agresseur était l’un de ses proches?
Dans le récit de cette tentative de viol et de meurtre extrêmement violente, la narratrice s’adresse directement à l’agresseur, « Toé », toi le bourreau, elle l’interpelle, le questionne sur ce qu’il a commis, sur son ressenti, et le confronte à sa culpabilité, un peu à la façon du concept de justice réparatrice dans laquelle agresseur et victime se rencontrent. Ce procédé narratif si particulier donne un intérêt novateur au roman. Les expressions québecquoises (expliquées dans un lexique en fin d’ouvrage) sont séduisantes et originales, inattendues de même que les nombreuses comparaisons et métaphores éloquentes qui appuient le récit. Un roman intense et émouvant ! Merci aux Editions Stock via Netgalley pour cette lecture.