Édition lue : publiée en juillet 2019 aux éditions Folio. EAN : 9782070402670.
Résumé
Exercice de style maitrisé mais qui ne m'a guère intéressé et parfois lassé.
Détails (et spoilers)
Le concept ne m'a pas vraiment convaincu et je préfère lire un ouvrage historique sur l'empire romain que ce type de production. Marguerite Yourcenar parvient très bien à nous plonger dans cette ambiance de fin de vie mélancolique et poétique structurant ces mémoires fictives, mais elle reste tout de même assez souvent vague pour préserver une sorte de flou artistique qu'elle semble assumer.
La portée historique comporte bien un certain intérêt, et les sources de l'autrice semblent tout de même assez solides. Cela étant, les 400 pages ne renseignent que très légèrement sur la politique mené par l'empereur et sur les subtilités inhérentes à la période. On reste trop fréquemment sur des considérations philosophiques relativement banales sur la pérennité de l'empire et sur des questionnements existentiels individuels faussement collectifs.
Les passages sur la vie romantique d'Hadrien et sa relation avec Antinoüs sont d'ailleurs les plus pertinents tant le reste se composent essentiellement de platitudes sur les problèmes d'un empereur davantage que sur ceux d'un empire. J'ai bien du mal à apprécier cette volonté d'adopter le point de vue d'un personnage si dominant en dressant un portrait plutôt laudateur d'un homme qui ne devait pas être un parangon de vertu. Pire, la situation de l'empire romain et de son peuple n'est que peu décrite, au profit des turpitudes morales d'un personnage historique à la vie romancée.
Le carnet de notes situé en fin d'ouvrage m'a permis d'un peu mieux comprendre le projet de l'autrice, mais je reste très dubitatif face à une œuvre qui, aussi bien écrite soit-elle, sert la promotion d'un empereur dans un exercice stylistique dont l'utilité m'apparait assez maigre.
5/10.