Michel Strogoff
7.5
Michel Strogoff

livre de Jules Verne (1876)

Michel Strogoff est un des nombreux voyages extraordinaires de Jules Verne, paru en 1876, et l’un des plus connu. Pour moi c’est le douzième que je lis, et le quatrième que je critique après Les tribulations d’un chinois en Chine, Le tour du monde en quatre-vingts jours, et Le sphinx des glaces.


Michel Strogoff est donc l’histoire de … Michel Strogoff, courrier du Tsar, chargé d’amener un message de grande importance à Irkoutsk depuis Moscou alors que des hordes tartares menées par un traître attaquent la Sibérie.


Sous le couvert d’une fausse identité, celle d’un marchand, Michel Strogoff effectue ce parcours dans une région en guerre, bravant de nombreux dangers, accompagné parfois de Nadia, un jeune fille rencontrée par hasard et qu’il a décidé d’aider car elle allait dans la même direction, et de deux journalistes étrangers et aux caractères opposés, l’un français, l’autre anglais.


Dans le premier tome, il prend le train, puis le bateau, traverse l’Oural sous un orage spectaculaire, continue sa route en chariot jusqu’à Omsk où il est blessé et séparé de sa compagne de voyage, avant de récupérer un cheval et continuer en une longue chevauchée solitaire, pourchassé par des tartares, jusqu’à une ville attaquée par des troupes tartares où il se trouve capturé en compagnie des deux journalistes qu’il a retrouvé par hasard.


Comme c’est habituellement le cas dans les romans de Jules Verne, il y a un côté éducatif, mais il est assez léger ici, on découvre la géographie de la Russie, et de la Sibérie, mais seulement sur le trajet du héros. On découvre également un peu ce qu’est la vie quotidienne en Russie à cette époque, mais encore une fois, c’est intéressant mais ne va pas trop loin. Pour moi qui considère la Sibérie comme un lieu de destination touristique attirant, c’est un peu frustrant. Je verrai dans le deuxième tome si on en apprend plus.


Le héros lui même est plutôt du genre que j’apprécie, un dur capable de tuer un ours d’un coup de couteau expert, il a sans doute un peu trop le sens du devoir et du sacrifice, mais je ne peux pas vraiment lui reprocher ses choix.


C’est un bon livre d’aventure, un voyage extraordinaire avec tout ce qu’on peut attendre d’un tel roman : une destination exotique, un héros compétent et au grand cœur, des difficultés à surmonter … Il manque sans doute un peu de fantastique ou de merveilleux, si on compare à Vingt mille lieues sous les mers ou Voyage au centre de la terre, et le dépaysement n’est pas aussi violent, ce roman n’est donc pas pour moi aussi bon que les précités, mais il n’est pas loin derrière et c’est déjà beaucoup.


Rien de surprenant à ce que Michel Strogoff, le héros, réapparaisse aussi souvent dans les œuvres rendant hommage à Jules Verne, comme dans les Compagnons de l’ombre, ou l’Homme électrique, car le roman est un peu plus faible que d’autres de par son récit et son univers, mais il gagne en contrepartie avec un héros charismatique. Il a, après tout, la capacité la plus importante pour un héros, celle qu’on a appris à apprécier entre toutes : il endure et n’abandonne pas.


Second tome :


Tout ne va pas pour le mieux pour Michel Strogoff au début de ce second tome. Il s’est retrouvé séparé de sa compagne de voyage, la belle Nadia, avant de se retrouver capturé à son tour par les tartares. Comble de malchance, ils tiennent aussi sa mère et savent, sans connaître son visage, qu’un courrier du tsar est en route pour Irkoutsk et qu’ils l’ont capturé.


Ivan Ogareff, le traître à la Russie, le force à se révéler en menaçant la vie de sa mère, et lui vole le courrier du tsar, avant que Michel Strogoff se retrouve condamné comme espion à être aveuglé par une lame chauffée au rouge.


Avec un peu de chance dans son malheur il est abandonné en compagnie de Nadia, et reprend la route avec la jeune fille pour seule compagne, aveuglé, sans moyen de transport, sans argent, sans nourriture et sans le précieux message qu’il devait porter, mais il ne lâche pas l’affaire.


Porté par sa volonté il va encore connaître bien des épreuves avant d’arriver au bout de sa quête et d’affronter le traître une dernière fois.


J’ai essayé de me focaliser un peu plus sur les descriptions, sur la Sibérie, la géographie et les coutumes. Le fait que le récit se passe en été et au début de l’automne, bien que les températures descendent vite, vient un peu changer ma perception de cette région. Puisque c’est possédé par la Russie je l’ai toujours considéré dans cette optique, comme une région particulière, mais essentiellement russe. Mais il est tout aussi juste, si ce n’est plus, de considérer les steppes de la Sibérie comme le prolongement nord du Kazakhstan et de la Mongolie, ce qui évoque des images et des symboles bien différents.


A défaut d’autre chose, ce livre m’a au moins apporté un changement de perspective intéressant sur cette région, et a donc enrichi mon imagination.


J’ai eu une autre réalisation à la lecture de ce livre, et elle concerne une BD : Gipsy. C’est une de mes séries de BD préférées, et que je lis et relis régulièrement depuis la sortie du premier tome en 1993. Et je réalise seulement aujourd’hui que cette série est certainement inspirée par ce classique de la littérature qu’est Michel Strogoff. Surtout les tomes 2 et 3 en fait, mais le récit complet des trois premiers tomes reprend trop d’éléments du roman pour que je considère ça comme un simple hasard. Le duo formé par le Gipsy et sa sœur, les russes, les sibériens, les tartares (les mongols dans la BD mais on est proche), la ville sibérienne assiégée, les gitans mêmes sont présents dans le roman, on y retrouve même une gitane qui peut facilement avoir inspiré en partie la « sorcière » de la BD. Même le Gipsy peut être vu comme une version gitane de Michel Strogoff.


Tous ne jouent pas le même rôle dans les deux récits, on ne peut pas parler d’une simple adaptation dans ce cas, mais beaucoup d’éléments sont communs, simplement remélangés, et la trame générale offre de belles similarités.


Critique en deux parties tirée de mon blog : ici et .

Mattchaos
7
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le 2 avr. 2021

Critique lue 60 fois

Mattchaos

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