Ce livre raconte la fin de vie d’une vieille dame en maison de retraite. À partir d’un journal enregistré par sa mère, en maison de retraite, l'écrivaine portugaise Lidia Jorge livre un récit rempli de vitalité sur les dernières années de nos anciens. Dona Alberti n'a plus l'usage de ses jambes et à peine celui de ses mains, mais il lui reste toute sa tête et son sens aigu de l'observation. Sa fille lui a offert un petit magnétophone sur lequel la vieille dame a enregistré une sorte de journal vocal, entre avril 2019 et avril 2020, une année de vie et de réflexions au sein de son Ehpad portugaise partagée avec 70 résidents. Ce livre qui brille de l'éclat de la vie, évoque avec beaucoup d’élégance et de finesse cette bataille de la vie.
page 20 : "Je suis de ces personnes qui ne pensent pas que l'espoir est le dernier à mourir. Je pense que l'espoir est simplement immortel."
page 70 : "Quand j'étais jeune ... j'ai appris que l'âme qui s'élève élève le monde. Je sais comment parce que j'ai pétri le pain. Il s'agit du principe du levain. La levure aigre, mélangée à la pâte, la transforme et la fait gonfler. De la même manière, une belle personne a le pouvoir de tempérer la laideur du monde par la beauté. Dans un autre registre, ici déjà, à l'Hôtel Paradis, j'ai vérifié qu'une simple corbeille de fruits roses suffit à transformer un espace triste aux murs gris en une enceinte accueillante. On appelle ça la bonne levure du panier."
page 85 : "La tristesse est un être concret, mais la joie aussi. Néanmoins, la douleur est plus concrète que la joie et la tristesse. Aussi concrète qu'elle soit, on ne peut la décrire. Je ne veux pas penser à la tristesse et à la douleur, seulement à la joie qui, parce qu'elle est la plus fragile des trois, est celle qui me fait vivre."
page 240 : Exil. Il n'y a plus rien qui ne soit qu'à moi, ni mon corps, ni mon esprit."