Moi, je vous incite à lire ce livre rare et intelligent.
Je précise que j'ai lu le livre en format poche sous le titre Moi, la fille qui plongeait dans le coeur du monde.A la fin du roman, vous comprendrez pourquoi ce titre convient à l'anti-héroïne Karen Nieto, narratrice et personnage de l'oeuvre.
Je ne vais pas vous parler de l'histoire, déjà bien entrevue dans la fiche maison de Sens Critique. Ce qui m'a touché en tant que lecteur, c'est la singularité de Karen, autiste, de son regard sur la vie et de la façon dont elle va apprendre à légitimer sa propre vie en accord avec ses propres pensées (d'où ce "Moi" qu'elle revendique avec une fierté fragile et attâchante).Même si les autres la regardent avec férocité, moquerie, curiosité ou même respect ( car elle est loin d'avoir un QI lambda,vous verrez), son itinéraire courageux et obstiné force l'admiration.Tout ça pour conclure que Karen a réussi là où beaucoup d'hommes ordinaires échouent en ne suivant pas le principe nietzchéen: "oses devenir qui tu es".
Je reviens aussi sur le style peu académique, fiévreux et abracadrant de Sabina Berman/Karen qui vaut justement le détour.Du début jusqu'aux derniers mots, l'odyssée de Karen est entêtant,fou,énervant mais j'en retire quelque chose car c'est un livre coup de poing qui me forcera à réfléchir et à me poser les bonnes questions sur la singularité.
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