Il ne faut se leurrer : c'est une œuvre aux accents de propagande, mise au service de la promotion de la foi de Daniel Defoe.
Cette œuvre n'annonce pas de proto-féminisme. Le rôle de la femme et son accomplissement demeurent liés à un mariage non pas d'amour, mais financièrement fructueux. Tout y est affaire d'entreprise, de gains — dont la finalité ne varient que selon la morale des activités économiques.
L'arrivée d'un matérialisme cynique. L'éthique protestante est le profil de l'idéologie capitaliste naissante à cette époque. L'aboutissement de l'intrigue est l'obtention de biens positionnels, tel qu'un esclave, ce qui est vivement recommandé et considéré amplement comme normal.
Plus de 500 pages de persuasion religieuse. Vous lirez un roman où l'auteur vous expose sa doctrine religieuse de la manière la plus subliminale et/ou frontale, où se retrouve prêchée la doctrine presbytérienne selon laquelle votre sort est déjà déterminé par Dieu avant votre naissance même. Des péripéties rocambolesques et parfois tirées par les cheveux en témoignent.
Outre l'intérêt historique de l'œuvre, une question légitime se pose : quel est l'intérêt actuel d'une lecture ?