Des retrouvailles... des adieux ou un simple au revoir ?
Dennis Lehane est, pour moi, via le cycle Kenzie/Gennaro, le Dieu du polar à l'ancienne...
Ni plus, ni moins...
Ces histoires sont vives, percutantes comme son style...
Sa manière de dépendre Boston, sa ville, est riche... tout comme les relations entre ses deux personnages.
C'est simple, à chaque relecture, j'ai l'impression de retrouver une couple de potes : leur humour noir, les répliques cultes balancées entre deux crachats de sang... et ce cher Bubba...
Bref, quand Moonlight Mile sort en France, j'ai mis quelques mois avant de m'y plonger, de peur de constater que ces retrouvailles si longtemps attendues soient déçues...
Quelle erreur de ma part d'avoir pu douter des intentions de Lehane...
Certes l'action est nettement moins présente que par le passé : Kenzie est moins prompt à dégainer, il est un père de famille endetté, hors du coup...
Mais jamais Lehane n'aura été aussi contemporain, aussi proche de la réalité sociale des middle class... du social dans un polar, du jamais vu...
Bref, ce livre est envoutant de richesse, de plaisir, de noirceur, de pessimisme et d'optimisme...
Des retrouvailles qui font chaud au coeur... en espérant qu'il ne s'agisse pas d'adieux...