Est ce le bourreau ou la hache, le coupable ?

Un homme succombe dans son domicile, le corps marqué par la souffrance, une horloge incisée dans sa peau. Sur sa poitrine, un smartphone s'illumine, révélant un sablier et ce message : « Vous n’avez droit qu’à une question. » L’appareil renferme l’intégralité de sa mémoire. Poser la bonne interrogation déverrouillera le dispositif ; toute autre tentative entraînera l’effacement définitif des données, une mort redoublée. Paul Moreau est la cinquième victime de cette macabre scénographie de l’agonie, de ce piège numérique. Quand Bianca découvre son père, elle choisit de fuir avec le téléphone avant l’arrivée des forces de l’ordre. Elle doit à tout prix trouver la question salvatrice, sauvegarder les ultimes fragments de vie de son père…


Le récit alterne entre Bianca, qui se bat pour empêcher la police de mettre la main sur l’appareil, et Mathilde, déterminée à remonter jusqu’au meurtrier. Le rythme est soutenu, sans temps morts, si ce n’est pour quelques digressions éthiques sur l’IA. Les personnages m’ont parfois dérouté : Bianca traduit sa confusion sensorielle en données calculées, ce qui prête à sourire face à la précision des informations qu’elle manipule (on croirait presque qu’elle utilise une intelligence artificielle, tant son approche est méticuleuse). Mathilde, elle, part en fusée à la moindre remarque, au geste le plus anodin, évoquant un certain Rico dont on ne sait rien, un passé qui reste obscur (au point que je me suis demandé si ce roman était la suite d’un autre).


L’identité du ou des coupables se devine assez tôt, sans surprise à mi-parcours. Reste l’énigme centrale : quelle question libérera les souvenirs du smartphone ? Là, je n’ai pas trouvé… pourtant la réponse était simple.


Ce qui fait la force de ce livre, c’est la réflexion qu’il propose sur l’avenir, la conscience numérique, le cimetière des données. Même si, aujourd’hui déjà, nous pouvons léguer photos, vidéos ou lettres à nos proches via un support numérique, le récit va plus loin en imaginant une IA façonnée à notre image, habitée par nos pensées et nos souvenirs. Serait-ce une bénédiction ou un fardeau pour ceux qui restent ? Voilà la véritable question…

Cynique75
5
Écrit par

Créée

le 12 avr. 2026

Critique lue 9 fois

Cynique75

Écrit par

Critique lue 9 fois

1

D'autres avis sur Mourir deux fois

Mourir deux fois

Mourir deux fois

5

Cynique75

le 12 avr. 2026

Suivre

Est ce le bourreau ou la hache, le coupable ?

Un homme succombe dans son domicile, le corps marqué par la souffrance, une horloge incisée dans sa peau. Sur sa poitrine, un smartphone s'illumine, révélant un sablier et ce message : « Vous n’avez...

Mourir deux fois

Mourir deux fois

9

loeilnoir

le 30 mars 2026

Suivre

Critique de Mourir deux fois par loeilnoir

Paris, juin 2026. Un tueur en série a fait cinq victimes en cinq jours. Chaque victime a été asphyxiée, martyrisée, une horloge gravée dans la chair. Sur leur torse, un smartphone affiche un sablier...

Mourir deux fois

Mourir deux fois

8

AmandineDetrez

le 6 août 2026

Suivre

Critique de Mourir deux fois par Amandine Détrez

Mourir deux fois est un thriller qui fait réfléchir. Nous suivons principalement Bianca, la fille de la sixième personne tuée par le Sablier noir et neurotypique, et Mathilde, la commissaire chargée...

Du même critique

Drop Dead Diva

Drop Dead Diva

6

Cynique75

le 7 mai 2021

Suivre

J'ai toujours pensé que rien arrivait par hasard

Lorsque Deb Dobson, mannequin de 24 ans d’une grande beauté et plutôt superficielle, meurt dans un accident de voiture, elle se réincarne accidentellement dans le corps de Jane Bingum, une brillante...

Dungeon Crawler Carl

Dungeon Crawler Carl

5

Cynique75

le 2 oct. 2025

Suivre

Bonjour les crawlers ! Le Dungeon est à présent scellé

Je suis trés mitigée par rapport à ce livre.Le concept est sympa : Carl à un chat, Donut, qui n'est pas le sien mais celui de son ex Béa. Un soir Carl se réveille à 2h du mat, se léve, ouvre la...

Profession du père

Profession du père

3

Cynique75

le 7 août 2020

Suivre

J'avais enfin mis des mots sur mon silence

Émile Choulans a douze ans. Il vit reclus avec ses deux parents, qui ne reçoivent jamais personne. C'est un élève médiocre, seulement passionné par le dessin. Son père est violent, sa mère effacée et...