Matsuko et Atsuchi sont mariés depuis plus de quarante ans. Alors que son époux connaît des problèmes de santé, Matsuko est contrainte de trouver un nouveau travail après la faillite du magasin familial. Dans une agence pour l’emploi, la sexagénaire rencontre un homme passionné d’ornithologie qui va devenir un ami pour elle son époux, un compagnon des moments précieux, qui va les accompagner dans les moments joyeux et tristes de leur existence.
Après leur fils cadet shôta, place à ses parents Atsushi et Matsuko. Deuxième volet d’une pentalogie qui n’a pas encore de titre, Mukudori joue, comme d’habitude avec Aki Shimazaki, sur le registre de l’épure et de la sobriété. Et comme d’habitude elle s’attache aux petits riens dans un style bref, sur un rythme paisible, sans jamais hausser le ton. Matsuko est la narratrice. Son récit est émouvant et délicat, pudique, intime sans étalage. L’expérience de la perte, perte de ce qui s’est construit professionnellement et personnellement, est ici racontée avec tendresse mais sans sentimentalisme. Il y a une forme d’apaisement face à l’inéluctable, le propos se veut à la fois méditatif et contemplatif. Malgré les obstacles, malgré la douleur, les événements sont abordés avec autant de sérénité que de lucidité. Une forme de feelgood sans gnangnan, en toute simplicité, ce qui est un peu la marque de fabrique d’une autrice que je me réjouis de retrouver chaque printemps.