Il arrive trop souvent que dans la profusion excessive des livres publiés dans une rentrée littéraire que des pépites nous échappent et plongent définitivement dans ce réservoir que l'on nomme le pilon, une machine infernale qui détruit tout espoir de découverte littéraire.
Heureusement, quelques trésors, oeuvres incontournables sont sauvés, récupérés par hasard par des lecteurs vigilants.
C'est le cas pour : "Nancy-Saïgon" et merci pour ce sauvetage in extrémis.
Dès l'entame, on plonge dans une histoire vraie, captivante, originale et particulière.
Et surtout on est happé par le roulis des mots, l'envolée d'une écriture magnifique, unique.
L'auteur, le narrateur, l'écrivain est soudainement et malgré lui rattrapé par son histoire familiale, reléguée aux oubliettes, cachée et inconnue de lui, comme on dit, mise sous le tapis, dissimulée pour toujours.
Jusqu'au jour où une tante lointaine qui connaît son intérêt pour les reliques, son goût pour les réminiscences des souvenirs et des mémoires, lui transmet un vêtement repêché dans une tombe et miraculeusement presque intact, c'est c'est un AO DAI, un habit traditionnel vietnamien.
Cette tante lui confie aussi toute une correspondance amoureuse et lointaine.
On plonge alors dans les profondeurs de la grande et la petite histoire de la guerre d'Indochine.
Et qui s'en souvient encore aujourd'hui !!???
A.Genoudet nous en fait une description à vif, avec moults détails insupportables.
Il se met à la hauteur de ces hommes, ces engagés volontaires, ces guerriers dans l'âme, manipulés et dont la mort au combat est une gloire, enfin une reconnaissance de leur sacrifice pour la bonne cause.
Si le roman parle aussi d'une histoire d'amour, je n'en retient qu'une réalité monstrueuse, celle d'une population massacrée, assassinée, des jeunes filles violées, un pays ravagé qui guerre après guerre de 1946 à 1975 ont éliminé 2 millions d'êtres humains.et c'est une approximation.
C'est pourquoi cette lecture est nécessaire et remarquablement écrite et racontée.