Les lecteurs assidus de Pratchett savent qu'il aime commencer doucement ses histoires, cette façon d'introduire ses récits fait d'ailleurs partie de son charme. Mais là Terry pousse un peu le bouchon, attendre plus d'une dizaine de pages pour introduire les personnages principaux ça peut être une idée, quand c'est réussi, pour Nation ça apporte juste un peu de confusion.
D'ailleurs la clarté n'est pas vraiment le point fort de Nation, non pas que ce soit difficile à suivre, mais j'ai l'impression que Pratchett a écrit ce bouquin d'une traite sans trop se soucier d'organiser son récit. C'est un vieux routard et le résultat tient quand même la route, mais le lecteur doit parfois faire des efforts pour établir les liens entre les différentes scènes. J'ai même parfois du remonter dans le livre pour m'assurer d'avoir bien saisi un passage.
C'est un peu gênant. Heureusement Pratchett est toujours aussi talentueux quand il s'agit de créer des personnages et des lieux, les 2 héros sont extrêmement attachants et il parvient à doter l'île d'un charisme étonnant pour un bout de roche volcanique émergée. Comme à son habitude Terry utilise son récit pour dispenser une petite leçon à ses lecteurs et il nous parle ici de tradition, de transmission du savoir, d'histoire... pour nous rappeler que nous ne sommes au fond que des sauvages bien éduqués. Il y a franchement une certaine impression de déjà vu.
Un Pratchett de plus, pas des meilleurs mais que tous ses fans (je plaides coupable) liront de toute façon.