Théodore Tate, autrefois policier, exerce désormais comme détective privé. Il se rend dans un cimetière pour procéder à une exhumation, lorsqu’un éboulement met au jour plusieurs cadavres. Certains ne sont plus à leur place, d’autres sont découverts alors que leur mort était passée inaperçue…
La première partie prend son temps pour installer l’univers : on découvre Tate, personnage singulier (comme souvent chez cet auteur), on apprend progressivement les raisons de son départ de la police, on entrevoit sa vie personnelle et ses relations tendues avec ses anciens collègues… Ici, les morts ne connaissent pas le repos : on les enterre, on les déterre, avec ou sans autorisation, et ce dans l’indifférence générale… Entre deux verres et de nombreuses bagarres, Tate finit par résoudre l’enquête, blessant au passage par ses mots ou ses actes, bon nombre de personnes. Lui-même n’en sort pas indemne.
J’ai trouvé le récit long à démarrer, avant que tout ne s’emballe dans les cinquante dernières pages. Pourtant, le roman nous invite à réfléchir sur les ravages de l’alcool, sur la confession, sur la foi… Tate est un personnage ambigu : même lorsqu’il poursuit une bonne cause, il ignore les règles et les sentiments, privilégiant son enquête et son propre chemin. Et pourtant, on perçoit aussi en lui une part d’humanité. L’histoire de sa femme et de sa fille en est la meilleure illustration : un homme complexe, qui finit par se perdre lui-même. Trouvera-t-il la rédemption dans le prochain tome ? Je rejoins Tate dans la suite de son histoire pour avoir la réponse …