Nevada
7.3
Nevada

livre de Imogen Binnie (2013)

Quoi de neuf depuis les Chroniques de San Francisco ?

Transidentité : fait d’avoir une identité de genre qui n’est pas en adéquation avec le sexe assigné à la naissance (Larousse).

Nevada nous propose donc d'aller à la rencontre de la Transidentité. Celle de Maria et à travers elle celle de l'autrice Imogen Binnie.

Il est donc question de leur vie de "trans" :

- les "anecdotes" médicales, érotiques et anatomiques qui jalonnent leurs existences,

- le chemin d'individus en quête d'identité et/ou en transition.

Le sujet de l'ouvrage est rare : le roman a donc une dimension quasiment autobiographique autant qu'une fonction documentaire.

Non sans parfois une dose d'humour bienvenue.

C'en est tout pour l'intérêt de ce roman "coup de poing" qui a fait l'événement en 2013 aux USA, qui le fait de nouveau pour sa republication et traduction en 2023 et en satisfera beaucoup à ce titre.


Car sur la forme autant que sur le fond, Nevada pourra tout autant décevoir les lectrices/lecteurs tant il s'ingurgite rapidement et finalement sans réelle saveur :

- Imogen Binnie ne brille pas par son style littéraire qui est d'une pâle banalité, totalement décalé par rapport au fond.

Lire Armistead Maupin était beaucoup plus subversif dans les années 80 (90 pour les frenchies). Les Chroniques de San Francisco provoquaient par le contenu (homosexualité et déjà transidentité avec Anna Madrigal, drogues multiples, alcools en tous genres etc.) autant que la forme réaliste pouvait être choquante.

- la chronique identitaire de Maria est effleurée sans fil conducteur. Ramassée dans quelques paragraphes ici ou là. Les moments touchants sont trop rares (repas solitaire dans un restaurant où Maria s'inquiète du regard d'autrui) mais globalement l'émotion semble repoussée au 2nd plan d'un roman dans lequel il est question à 90% d'ivresse, de trip sous héro et d'amours déchus (déçus ?).

La vie des transsexuels contée par Imogen Binnie ressemble à s'y méprendre à une vie classique de looser qu'importe le genre, qu'importe la société, qu'importe l'époque. Ce qui semble à peine croyable.


A l'arrivée, l'ouvrage m'a laissé un arrière goût de voyeurisme (le mien) tant la déception est forte par rapport au ramdam le précédant.

Raider55
5
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le 9 nov. 2023

Critique lue 54 fois

Raider55

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