Le départ donnait envie : j'étais sur le vélo de Vic, on empruntait les raccourcis, on récupérait des objets, et on a même croisé une fille avec qui nous avons sympathisé qui joue avec ses lettres de scrabble et nous avons rencontré Lou. De loin, j'apercevais Bing et son vocabulaire famélique, et Charles Talent Manx, cet homme qui adore les enfants au point d'en faire disparaître des dizaines pour les emmener dans un endroit soi-disant féérique baptisé Christmasland.
Puis l'auteur passe à Vic adulte, elle s'égare dans ses théories et celles des autres, accumulations de longueurs ; impossible de m'attacher aux personnages, trop d'action, pas assez de réaction. Pendant ce temps, Bing s'amuse avec son vaporisateur au pain d'épices. Vic va se dénicher un nouveau vélo et on repart vers les raccourcis, on retrouvera la bibliothécaire, on va essayer de sauver Wayne, et pour finir tenter d'atteindre le parc d'attractions. C'était long, très long, puis la fin débarque, pour tout le monde, expédiée en quelques lignes, avec cette sensation qu'il manque des bouts de chapitres (pas la première fois dans ce livre). Peu importe : j'avais peur qu'ils fassent comme dans les livres de son père, mais on a une fin.
Un livre qui est bien écrit, avec quelques clins d'œil à son papa et à sa maman, qui navigue entre le fantastique et l'horreur, qui parle de Noël et qui vous donnera envie d'aimer cette fête, les parcs d'attractions, les Rolls-Royce, les courses à vélo, la route à moto… ou alors vous aimerez pas les longueurs du livre, les chapitres qui ont l'air de manquer. Noël, vous ne le verrez plus jamais comme avant, pas plus que les parcs d'attractions. Vous éviterez tous les raccourcis, vous ne monterez jamais sur une moto, et surtout vous n'approcherez plus jamais une Rolls-Royce.
Joe Hill a écrit que si je lisais la gentille liste jusqu'au bout (ce que j'ai fait), je n'aurais pas de forfait pour Christmasland. Tant mieux : je n'aime pas l'odeur du pain d'épices, ni les attractions, et je n'ai surtout aucune envie de jouer à pique l'aveugle.