Œil pour œil fait partie de ces romans que je n’aurais jamais dû lire mais que les contingences de la vie ont placé entre mes mains pour mon plus grand bonheur. Mais je ne m’attarderai pas sur ces circonstances particulières et, pour une fois, je vais me consacrer uniquement au livre et ne parlerai pas de moi.
Œil pour œil est le trente-sixième (!) roman d’Anthony Trollope, prolifique romancier de l’époque victorienne. Un auteur prolifique mais dont je n’avais pourtant jamais entendu parler auparavant, son nom n’étant pas aussi célèbre que celui de certain(e)s de ses contemporains. Quoi qu’il en soit, ce livre a été une agréable bouffée d’airs frais entre deux périodes compliquées consacrées à Ulysse de James Joyce (je vous parlerai de ce pavé de plus de 1 600 pages – préface et notices comprises – lorsque j’en serai venu à bout).
Car Œil pour œil est un roman délicieusement frais et léger, bien qu’il parle d’une histoire d’amour contrariée. Mais, plongé dans l’hermétisme de James Joyce depuis pratiquement deux mois, je pense que je trouverais n’importe quel roman léger en ce moment ! Fred Neville doit choisir entre sont statut social et ses inclinations et, heureusement pour nous, lecteurs, choisit de ne pas choisir. Heureusement pour nous car cela permet à Anthony Trollope de trousser un roman certes court mais ô combien agréable. Et le style léger de l’auteur – peu d’images et de descriptions – participe à cette sensation. Un livre qui, en tout cas, mériterait plus de renommée.