Première lecture de Caryl Férey pour ma part.
Ce roman est un bon polar en soit, et il a notamment pour qualité de nous sortir des sempiternels flics aigris parisiens ou lyonnais évoluant dans nos environnements franchouillards archiconnus, vus, revus et rerevus. Les flics sont remplacés par des rangers africains, plutôt crédibles, et rien que ça est assez original et plaisant. Caryl Férey parvient à nous inviter de façon immersive au cœur de l'Afrique, on s'y croirait : couleurs, odeurs, végétation, vie sauvage et complexité des sociétés humaines et de leurs enjeux : tout y est. Les personnages sont assez attachants, pas caricaturaux.
Certes le style est inégal, on rencontre quelques coquilles ou contre-sens sur des expressions par exemple, mais globalement la lecture est plaisante et réserve aussi des passages gratifiants.
L'intrigue et les rebondissements ne sont pas incroyables, mais suffisamment prenants et fluides. De toute façon, là n'est pas l'objectif de ce roman : c'est aussi et avant tout un manifeste pour la protection des derniers grands mammifères sauvages terrestres que l'humain n'a pas totalement exterminés, l'écologie en toile de fond.
Au final, un roman dont on sort avec des convictions renforcées (pour certain.e.s) ou sensibilisé.e.s pour les autres, et que l'on n'oublie pas dès le lendemain.
Sa magnifique couverture ne constitue pas un appât aboutissant sur une déception. Au contraire, je le recommande chaudement !