Okuribi
6.8
Okuribi

livre de Hiroki Takahashi (2018)

Ayumu est un jeune adolescent de 14 ans. Habitué à changer d’école au gré des affectations de son père, l’intégration dans un nouvel environnement ne lui pose pas de soucis et il est plutôt bon élève, apprécié de ses professeurs comme de ses camarades. Après quelques temps passés à Tokyo, le voici une nouvelle fois dans une école qu’il ne connaît pas, dans un lycée de province. Il est aussitôt accepté au sein d’un groupe de garçons qui semble déjà avoir une certaine hiérarchie, le jeune Akira étant apparemment le meneur. Comme tous les adolescents, ils sont en quête de nouvelles expériences et la relation entre les membres du groupe sont régis par des rapports de force et un certain déséquilibre entre les capacités des uns et des autres. Très vite Ayumu se rend compte par exemple que Minoru a endossé le rôle de souffre-douleur. Mais si certaines actions sont plutôt des taquineries, Ayumu s’aperçoit que progressivement elles gagnent de plus en plus violence, jusqu’au basculement final le jour de la fête des Morts.


Ce roman m’a intéressée sur deux aspects. D’une part sur ce que cela raconte sur la culture japonaise et notamment sur les adolescents japonais. D’autre part sur la thématique plus universelle de la violence et de la maltraitance au sein d’un groupe. A travers le regard d’Ayumu, de ses questionnements, de son incapacité à s’opposer à la violence latente, Hiroki Takahash interroge sur les notions de courage, de domination, sur la complexité des relations dans un groupe défini.


En contrepoint, l’auteur nous raconte une nature qui se moque des atermoiements des humains et qui poursuit inlassablement la succession des saisons, apportant une sorte d’apaisement entre deux scène de confrontation. 


C’est un roman court et dense qui met magistralement en valeur le malaise qu’on peut ressentir face à une situation qui nous échappe ou même la honte qu’on peut éprouver à ne pas réussir à agir alors même qu’on sait qu’il faudrait le faire. C’est d’autant plus frappant qu’il s’agit ici d’adolescents, qui n’ont pas encore toutes les clés même s’ils sentent confusément que la situation n’est pas conforme à ce qu’elle devrait être.

Christlbouquine
6
Écrit par

Créée

le 9 nov. 2020

Critique lue 105 fois

Christlbouquine

Écrit par

Critique lue 105 fois

D'autres avis sur Okuribi

Okuribi

Okuribi

8

SophieSonge

le 25 juil. 2025

Suivre

Saisissant et percutant

Pour Ayumu, fraîchement arrivé de Tokyo, tout semble étrange dans cette école de province. Il cherche à s’intégrer, à se fondre dans le décor. D’abord naïf, il se joint aux jeux d’un groupe de...

Okuribi

Okuribi

7

Charybde2

le 9 janv. 2023

Suivre

Critique de Okuribi par Charybde2

L’inquiétude fondamentale du dérèglement et de la violence potentielle au cœur de la tranquillité bucolique. Un somptueux cauchemar secret adolescent.Sur le blog Charybde 27 :...

Okuribi

Okuribi

7

Lubrice

le 3 janv. 2021

Suivre

Critique de Okuribi par Brice B

Publié sur L'Homme Qui Lit Je suis en littérature un garçon assez curieux. Spontanément, je reste dans ma zone de confort, la littérature contemporaine, mais quand on me vend bien un coup de cœur je...

Du même critique

Le Barman du Ritz

Le Barman du Ritz

5

Christlbouquine

le 22 juin 2024

Suivre

Critique de Le Barman du Ritz par Christlbouquine

Juin 1940 - août 1944, la France et Paris vivent sous l’occupation allemande. Dans la capitale, les palaces parisiens sont réquisitionnés et parmi eux, le Ritz. Aux manettes du bar de l’hôtel se...

Isabelle, l’après-midi

Isabelle, l’après-midi

4

Christlbouquine

le 6 août 2020

Suivre

Une lecture décevante

Étudiant américain, Samuel rencontre Isabelle lors d’un séjour à Paris. Un peu plus âgée que lui, elle exerce aussitôt un puissant attrait sur le jeune homme. Ils deviennent amants. Tous les jours à...

Une joie féroce

Une joie féroce

4

Christlbouquine

le 5 juil. 2020

Suivre

Critique de Une joie féroce par Christlbouquine

Me voilà bien surprise par ce roman de Sorj Chalandon. L’auteur dont j’ai admiré la maîtrise et la puissance de narration dans des livres tels que Mon Traitre, Retour à Killybegs ou Profession du...