Nous sommes à New York, juste après la Seconde Guerre Mondiale. Boris Makaver invite ses amis juifs ayant fuit l'horreur de la Shoah pour se reconstruire en Amérique. Les personnages que nous suivront tout le long du roman sont présents autour de la table, et déjà des personnalités et un désir de se démarquer apparaît. Grein, le belâtre riche qui hésite entre sa femme, sa maîtresse, et Anna, la jeune femme émerveillée un brin coeur d'artichaut. Luria, le mari d'Anna, dépassé par les évènements. Makaver, évadé du ghetto de Varsovie.
Ombres sur l'Hudson retrace la quête d'identité de ces personnages qui n'ont presque plus personne mais ne sont, de loin, pas les plus mal lotis. Le fil conducteur de cette recherche de soi est sans aucun doute l'amour, dont Grein en est l'exemple le plus flagrant.
Certaines scènes sont cocasses, et j'ai trouvé le rythme incroyablement fluide et dynamique pour un roman de cette longueur (plus de 900 pages au compteur, tout de même). C'est un grand roman, dans tous les sens du termes, qui peut effrayer mais qui vaut largement le coup d'être sorti de la bibliothèque pour découvrir la plume d'Isaac Bashevis Singer, prix Nobel de Littérature en 1978.