Ce que j'aime dans le principe Oulipien, c'est son intransigeance. Ils s'imposent des contraintes et les respectent jusqu'au bout.
Mais pas ici. Il y a le "lissage" ou terme poli pour signifier qu'ils prennent des libertés avec ce qu'ils ont eux-mêmes décidé. Et ça rend l'exercice nettement moins intéressant. Ce serait pardonnable si le texte était excellent mais ce n'est pas le cas.
Les 4 premiers chapitres de Vian posent une ambiance, notamment dans la famille. Il y a de l'empathie et de la douceur. Chapitre 6, tout devient désagréable et crade. D'un coup. Et si mal amené qu'on n'a ni choc ni interrogation. On a uniquement le sentiment que la personne qui écrit ce chapitre n'a pas lu les précédents.
Vian ne fait pas de jeux de mots dans son début. Dès le chapitre 5, on y a le droit et ils ne sont pas légers. Pourquoi ajouter ce qu'il n'y avait pas (donc on peut penser pas dans l'intention de l'auteur), surtout de façon si balourde ?
Ce problème de ton est ce qui m'a le plus gêné dans la lecture. Tout comme les notes. Je n'aime pas lorsqu'elles sont reléguées en fin de bouquin, ce n'est pas pratique. Et la plupart d'entre elles ne sont pas très utiles: bidule est musicien de jazz par exemple. Ah ouais ? C'est écrit dans le texte ! Tout comme le poème en Belle Présente. J'imagine que c'est pour une question de rythme mais il avait sa place dans le texte. Enfin, peut-être pas puisqu'ils en font rien.
Plutôt déçu du côté Oulipien, l'histoire se lit sans trop d'enthousiasme.