Op Oloop est statisticien et toute sa vie est réglée avec la précision et la régularité d’un mécanisme horloger. Jusqu’à ce jour où la machine se grippe : est-ce l’effet de l’amour, le choc d’un accident, une rupture de toutes les digues du surmoi ? Un peu tout ça à la fois : la pensée d’Op Oloop déborde soudain, et ce sont ses relations du Buenos Aires bourgeois des années 30 qui seront les premières à en faire les frais.
Op Oloop fait partie des quelques livres qui restent depuis longtemps dans le purgatoire de ma bibliothèque : année après année, ils échappent aux tris successifs malgré les souvenirs mitigés que j’en garde car, pour une raison ou pour une autre, j’estime qu’ils méritent une deuxième chance. C’est chose faite pour ce récit d’un auteur présenté en 4e de couv comme un « pré-oulipien » et une influence notable de Borges et Cortazar. Op Oloop m’a surtout évoqué un parent du Ignatius Reilly de la Conjuration des imbéciles de JK Toole, par sa façon forcenée de s’en prendre à toutes les conventions et son goût des éloges paradoxaux. Certaines tirades sont presque aussi fulgurantes que les éructations de ce cousin américain, mais l’ensemble reste finalement encore trop bien peigné pour moi, étirant longuement les discussions d’un banquet à la manière d’un dialogue socratique tendant vers l’absurde. La curiosité vaut le coup d’œil mais je me suis à nouveau un peu ennuyé : cette fois-ci, il est temps que mon exemplaire d’Op Oloop rejoigne une autre bibliothèque.