Ecrit 2 ans avant l'incroyable Private Rites, Our Wives Under the Sea est lui aussi un petit bijou, à la frontière du réalisme magique. Julia Armfield met en scène avec délicatesse et étrangeté un couple désynchronisé, deux femmes ayant vécu un traumatisme dont on ne peut que deviner les contours, par petites touches subtiles. Miri a perdu sa femme en mer...mais elle est revenue. Enfin pas complètement. Et c'est dur, une disparition partielle. Un deuil sans décès. Une séparation sans rupture nette. C'est une érosion plutôt qu'un effondrement. C'est cette destruction lente, terrible, des corps, des esprits et de l'intimité entre les deux femmes que l'autrice va si bien décrire, avec en toile de fond un mystère presque horrifique qui maintient la lectrice en haleine. L'émotion le dispute à la peur, mais ce qui prévaut, finalement, c'est l'émerveillement.