Lilia Hassaine imagine une France sous surveillance totale où l'intime s'est dissous dans le collectif. Le sujet est immense. Le traitement, lui, est plat comme un électroencéphalogramme post-mortem.
Commençons par ce qui saute aux yeux, à savoir que rien ne saute aux yeux. Le style de Panorama relève de cette prose blanche qui se croit sobre et qui n'est qu'anémiée. Pas une image qui accroche, pas une phrase qu'on voudrait relire, pas un rythme qui surprenne. On cherche une voix, on trouve un communiqué. Hassaine met trois pages à ne rien dire, et le dit correctement, ce qui est pire que de le dire mal, car au moins, quand c'est mauvait, c'est parfois marrant. Pas ici.
Puis il y a cette intrigue policière, greffée sur le récit comme une prothèse sur un corps qui n'en voulait pas. On nous promet une enquête mais on nous livre un squelette narratif dont les os ne tiennent ensemble que par la convention du genre. Les rebondissements tombent avec la régularité morne d'un métronome cassé. Le dénouement arrive, on le reçoit sans émotion, avec le sentiment vague qu'on a payé trop cher.
Quant aux personnages, ils ont l'épaisseur psychologique d'un post-it. Aucun ne résiste à l'épreuve du souvenir. On les quitte sans regret parce qu'on ne les a jamais rencontrés. Ils sont des fonctions, des véhicules à thèses, des prétextes ambulants.
Et puis il y a cette manie, agaçante comme un robinet qui goutte : les anglicismes. Streaming, revenge, followers. Hassaine les sème partout, comme si le vocabulaire technologique anglo-saxon suffisait à créer une atmosphère dystopique.
On referme Panorama sans colère, sans souvenir. J'ai acheté ce livre dans un Relay, c'est effectivement un mauvais roman de gare.