Une saga ambitieuse avec quelques bémols

Grande admiratrice d'Éric Emmanuel Schmitt, je me suis embarquée dans ce premier tome avec enthousiasme. Toutefois, il n'était pas à la hauteur de mes attentes.

L'idée est originale et ambitieuse : nous faire traverser les temps à travers le témoignage d'un homme, Noam, apparemment et mystérieusement immortel. Il nous embarque dans un récit aux rebondissements parfois inattendus... Et parfois pas.

La reconstitution de la vie et des coutumes du Néolithique, alors que les hommes se sédentarisent progressivement, est fascinante, même si le langage soutenu du narrateur est un peu perturbant étant donné le contexte historique. Les recherches approfondies de l'auteur rendent cette réalité ancienne vivante et accessible, mais parfois trop idéalisée (avec un jugement facile de notre ère industrielle) et explicitée par de trop nombreuses notes de bas de page (j'y reviendrai).

Les conflits psychologiques des personnages sont bien pensés et dignes d'une tragédie antique. Toutefois, les personnages eux-mêmes manquent d'épaisseur : pour moi, tous sont restés des figurants, je ne me suis pas attachée à eux. Manque de détails sur leurs failles et défauts, couplés à de longues révélations sur l'état psychologique du narrateur; c'est trop explicite, pas suffisamment évocateur. On ne devine pas qui ils sont, plutôt leur identité nous est exposée de façon très scolaire. Éric Emmanuel Schmitt semble vouloir prendre son lecteur par la main et tout lui expliquer, au point de saupoudrer le récit de longues notes de bas de page qui m'ont rapidement agacée. Noam prétend non seulement avoir rencontré nombre de personnages historiques, de Diderot à Melville, mais il revendique l'inspiration de leur œuvre, ce qui le rend irritant plutôt qu'attachant. Le point culminant, pour moi, fut le personnage qui déclare constamment "Je préfère ne pas". Était-il nécessaire, sous forme de note de bas de page, de raconter toute l'histoire de cette phrase et en plus de s'arroger l'inspiration du roman de Melville ? À mon sens, non. Le lecteur qui lit cette phrase reconnaît le clin d'oeil... Ou pas, et cela devrait suffire.

Je voulais vraiment aimer ce roman, mais au final je l'ai consommé sans grand plaisir.

VirginiePaula
5
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Créée

le 13 juil. 2026

Modifiée

le 13 juil. 2026

Critique lue 7 fois

VirginiePaula

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