À peine le premier roman refermé, je n’ai pas résisté à la tentation de poursuivre. J’ai embrayé presque aussitôt, ne laissant que quelques heures entre Seulement si tu en as envie et cette suite. J’étais encore étourdi par la romance de Camille et Stephen, et je n’avais aucune envie de quitter cet univers.
Dès les premières pages pourtant, il était évident que cette passion interdite allait être mise à rude épreuve. Comment Richard, le mari de Camille, n’aurait-il pas fini par se poser des questions ? Et de fait, les complications s’enchaînent, peut-être même un peu trop. À tel point que j’ai parfois eu l’impression que Bruno Combes avait voulu répondre à la demande d’une suite en secouant violemment son histoire, comme s’il s’était dit : « Vous voulez savoir ce qu’il advient de Camille et Stephen ? Alors préparez-vous, rien ne sera simple. »
Retrouver chacun des personnages, les lieux, cette atmosphère déjà connue, avait évidemment quelque chose de plaisant, comme une prolongation de voyage. Cette fois, l’auteur s’attarde davantage sur Stephen. Dans le premier tome, on le percevait surtout à travers le regard de Camille, mais ici, on ressent plus nettement combien cette passion l’a façonné et combien il souffre d’attendre, encore et encore, prisonnier de ce feu qui le dévore. Camille, elle, reste au centre du récit, avec ses choix, ses doutes, ses secrets.
Et pourtant, malgré ce plaisir de prolonger l’histoire, je me suis senti un peu désorienté. Moins d’émerveillement que dans le premier tome, davantage de heurts et de confrontations. Comme si après avoir été emporté par une romance trop forte, venait forcément le retour à la réalité, cette confusion entre le rêve et ce qu’il en reste une fois les yeux rouverts. Là où le premier roman m’avait laissé grisé, cette suite m’a plutôt laissé songeur, partagé entre l’envie de rester dans l’ivresse de l’histoire et l’impression que, parfois, la vie — comme les romans — nous ramène les pieds sur terre.